Interview de Jean Khoury sur l’Ecole de Marie
par Sylvain Sismondi – Décembre 2010
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Interview Video avec J.-B. Sauvage sur l'Ecole de Marie
Sylvain S. : Pouvez-vous raconter brièvement votre parcours.
Jean K. : Je suis Théologien Catholique laïc.
Au niveau de la formation intellectuelle j’ai fait cinq ans de Fac Scientifique à Rouen et Grenoble (électronique et puis chimie), puis un Deug de Philo à l’Institut Catholique de Toulouse, puis une Licence de Théologie à Rome au Teresianum (Université des Carmes), ensuite une Maîtrise en Théologie, à Toulouse à nouveau, et enfin je fais actuellement mon Doctorat à l’Angelicum à Rome (Université des Dominicains) en Théologie spirituelle.
Au niveau de la formation spirituelle j’ai eu pour maîtres surtout les Carmes du Midi (Montpellier, Toulouse etc.).
Ayant été amené à former et à enseigner la vie spirituelle depuis 1995, en 2003 j’ai été porté à fonder « l’Ecole de Marie » qui offre une formation spirituelle pour adultes sur trois niveaux.
Sylvain S. : Tout au long de votre parcours, vous avez suivi de nombreuses formations. Comment ces formations vous ont-elles aidées dans la foi ? Qu’ont-elles changé d’important ?
Jean K. : Je dirais que toute ma formation est portée par l’Appel du Christ, reçu il y a presque 30 ans. C’est Lui qui guide et forme, en utilisant bien sûr des personnes, des formations, des rencontres. La grâce agit tout le temps et surtout dans la prière, dans la rencontre personnelle. On ne peut croître sans l’Eglise, sans les autres, sans l’Esprit Saint qui parle et agit dans les autres, mais le Maître de la formation – comme dirait saint Jean de la Croix – c’est l’Esprit Saint. Comme dirait saint Augustin, on entend le son de la parole du maître humain, et dans le cœur on écoute la voix du Maître, le Christ. Ils sont inséparables comme dans un sacrement. On dit bien que l’Eglise est « Sacrement de salut » !
Cependant j’aimerais souligner un aspect important : plus on avance dans la vie spirituelle en eau profonde plus on a besoin d’aînés qui ont des longueurs d’avance, car le discernement est de mise ! Et là, avoir vu mes maîtres être non seulement les premiers à l’oraison, mais aussi les premiers à la vaisselle, habités par une humilité simple et empreinte d’humour, m’a bâti. Cela veut plus que dix mille livres ou heures de Cours. C’est déjà un reflet de Dieu sur terre.
Un autre point aussi dans ma formation spirituelle c’est la constance dans la pratique de l’accompagnement spirituel, de l’écoute de Dieu qui me parle par l’accompagnateur. Certes, pour cela, il faut avoir la grâce de rencontrer de vrais Maîtres, car il faut bien voir entre les mains de qui on se met (comme le rappelle le Catéchisme).
Au niveau intellectuel et spirituel combinés, je rends grâce à Dieu de m’avoir fait rencontrer un véritable Maître en chair et en os, un homme qui non seulement pouvait être saint et avoir le discernement (ce que l’on peut trouver quand même), mais aussi d’avoir la science des choses de Dieu (ce qui est beaucoup plus rare). Et bien sûr, pour le parcours qui est le mien (spécialisé en Théologie spirituelle), cette rencontre n’a pas de prix : elle est un Don de Dieu.
C’est au sein de cette formation que s’est – très lentement – précisé un appel, celui de me spécialiser en Théologie spirituelle, chose à laquelle je ne pensais pas au départ. Quand j’y pense, cela revient à donner ce que j’ai reçu.
Sylvain S. : On sait bien que la formation « ne donne pas la foi ». Donc, si elle ne donne pas la foi, quel est son rôle précis ? Est-elle indispensable ?
Jean K. : Si Dieu veut que par la parole d’un humain la Foi (qui est Grâce vivante et active) se transmette, qui sommes-nous pour nous y opposer. Saint Paul nous le rappelle : « la foi vient par l’ouïe », donc effectivement, c’est le dessein de Dieu que l’être humain ne se contente pas de garder sa foi pour soi, mais qu’il doive se donner la peine de l’approfondir, de recevoir la grâce de mieux la comprendre (du dedans), et de laisser ensuite naître en soi les mots justes pour la transmettre ! Toute cette complexe et longue opération est surnaturelle, c'est-à-dire qu’elle est portée par l’Esprit Saint de A à Z.
Si l’Eglise est « sacrement de salut » cela veut dire que les membres du Corps du Christ sont chacun aussi, à leur mesure, « sacrement de salut » du frère. On ne peut garder pour soi ce que l’on a reçu, ce serait éteindre notre propre vie spirituelle. C’est décisif pour notre croissance personnelle, tout en étant tout aussi décisif pour la vie spirituelle de notre frère.
Chacun de nous est appelé à approfondir le don de Dieu, et chacun, selon son appel, est appelé à donner ce qu’il a transmis ! Or ce que l’on a reçu c’est bien la vie de Dieu.
Je reviens à votre question qui est plus spécifique à la « formation ». La formation est une tâche sacrée, et elle a pour fonction de transmettre la foi, car l’Esprit Saint préside à la Formation. C’est un péché grave de négligence que de dire : « l’Esprit Saint s’en charge » (dans le sens de l’Esprit Saint seul s’en charge, sans nous)! Or Dieu ne donne pas sa Grâce par des voies extraordinaires – dit saint Jean de la Croix – quand les voies normales, ordinaires, sont là et peuvent être utilisées ! La formation c’est la tâche de l’Eglise, et bien sûr l’Esprit y préside. La logique de l’Incarnation ne s’arrête pas à l’Ascension du Seigneur. Elle continue dans son Corps, et il est bien là Son Corps, l’Eglise.
Pour illustrer mon propos sur le fait que la Formation est instrument de la Grâce et donc communique la Grâce nous pourrions penser à la Retraite (celle d’au moins 5 jours complets et non une simple récollection) : n’est-elle pas un lieu de Grâce qui agit fortement ? au point où parfois on y est retourné comme un gant ? dans ce lieu, la parole toute pleine de Dieu, toute pleine du Silence de la Présence agissante de Dieu, cette Parole agit et agit fortement en nous. Pourquoi ? parce qu’on a pris les moyens de se disposer pour écouter Dieu. La Parole du prédicateur de retraite est alors agissante. De même, la formation à la vie spirituelle est portée par l’Esprit Saint : le formateur est ouvert à l’action de l’Esprit et celui qui est formé aussi s’ouvre à l’action de l’Esprit.
Sylvain S. : Aujourd’hui, il existe une foule de formations. Pour vous, généralement, qu’est-ce qui manque dans les formations ?
Jean K. : Tout à fait, et pour cela j’aimerais souligner la spécificité d’une formation chrétienne profonde. La formation à la vie spirituelle présuppose une première catéchèse, l’initiation habituelle (pensons à l’initiation pour les adultes qui se font baptiser) où l’on reçoit la base de la foi chrétienne (le Credo, les Sacrements, et les Commandements et quelques points sur la prière).
La formation dont je parle (et qui est donnée à l’Ecole de Marie) est faite pour aider tous ceux qui entendent un appel d’aller plus loin dans leur vie chrétienne et qui osent le défit de l’union à Dieu, ou de la sainteté. C’est comme un appel à l’intérieur de l’appel de base qui est le Baptême.
Pour cela, la formation à la vie spirituelle n’est pas une formation comme les autres, car outre la dimension intellectuelle générale (qui se trouve dans toute catéchèse), elle contient trois choses : une « science pratique », une « expérience » (pratiquer ce qui est enseigné), et enfin un « discernement ». C’est la combinaison de ce fil triple qui fait la formation spirituelle profonde. Dissocier ces éléments nous sort de la Sagesse de Dieu, nous sort de l’emprise de Christ et de son Esprit, et ça devient œuvre humaine, intellectuelle – oublions donc la sainteté ou l’union à Dieu.
Pour pouvoir donner cette formation, il faut soi-même avoir été formé toujours sous l’angle de ce fil triple : science pratique, expérience, discernement. C’est cela qui progressivement fait le Maître, le construit.
Le monde a une soif énorme de Rencontrer le Christ, le Ressuscité ; mais faire que cette Rencontre soit quotidienne, qu’elle suscite une croissance constante, et que cela aboutisse à l’Union à Dieu et à la Perfection de l’Amour, cela ne s’improvise pas ! Faire du spirituel vaille que vaille, on le trouve partout ! Mais former un projet complet de Formation, qui tienne la route et qui aboutit au but, c’est bien plus exigeant ! Voyez-vous, l’airbus A 380 n’a pas été improvisé ! Pourquoi alors les « fils de la lumière » ne seraient-ils pas aussi futés que nos hommes à Toulouse ?
Sylvain S. : Vous avez créé l’Ecole de Marie en 2003, pourquoi l’avez-vous créée ?
Jean K. : L’Ecole de Marie est une Formation à la vie spirituelle répartie sur trois niveaux, qui suivent le progrès dans la vie spirituelle : les « commençant », les « progressants » et les « apôtres » ou « témoins ». J’ai commencé à former dans la vie spirituelle dès 1992, mais surtout dès 1995. Et là, voyant la richesse énorme de la Tradition mystique chrétienne, je me posais la question devant Dieu : quel est le moyen, pour nous autres aujourd’hui, le plus efficace et le plus court pour recevoir cette richesse de vie spirituelle (le Don du Christ), et surtout la vivre ? Est-ce la Retraite annuelle ? Est-ce partir se faire moine ? Est-ce appartenir à un mouvement d’Eglise ? Est-ce juste la vie paroissiale et les Sacrements ? Un Cours Biblique ? Ayant eu la grâce de connaître et des moines, et des moniales, des religieuses, des séminaristes etc, j’ai eu l’occasion de mieux sentir le besoin et mieux le cerner je crois. Le trait constant que je retrouvais chez tout le monde : le manque de formation spirituelle réelle, solide. Il n’y a pas de secret, voyez-vous, vous voulez avoir des gens solides, formez-les ! la vie spirituelle, je le répète : ça ne s’improvise pas ! C’est criminel de dire : l’Esprit Saint pourvoira, c’est tenter Dieu. Dieu veut faire de nous des « instruments » vivants de sa Grâce, nous ne pouvons nous dérober à cette tâche – surhumaine je le conçois.
Comme je disais : il n’y a pas de secret : vous voulez dire – comme le rappelle le Concile – que le Christ nous appelle à la Sainteté, vous devez prendre les moyens de cette entreprise ! ça ne s’improvise pas ! Dieu a déposé dans son Eglise des trésors incommensurables de sagesse, de connaissance, de moyens, de discernement, mais ils restent souvent enfouis sous le sable ! ça n’a pas de sens de priver le peuple de Dieu de tant de Trésors !
C’est pour ces simples raisons que je me suis senti, en conscience, obligé, de faire quelque chose ! Vu que l’entreprise est colossale et dépasse les forces et l’équilibre humains, il a fallu je crois un coup de pouce d’en haut et plus spécialement de Marie.
Sylvain S. : Que propose cette école ? Quelle est sa spécificité ?
Jean K. : L’Ecole est un lieu de formation, à mi-chemin entre la Retraite spirituelle et le Cours. Elle garde l’ouverture totale à la grâce propre de la Retraite, et l’enseignement qui est le propre d’un Cours. Le climat des Cours est un climat de prière, de recueillement. On est là car Dieu nous appelle à quelque chose de grand, et on veut apprendre de Lui comment faire pour y arriver. C’est plus une émulation de cœurs ardents, désireux, que de cerveaux curieux.
L’Ecole propose donc une Formation spirituelle complète, à trois niveaux. Chaque niveau correspond, grosso modo, à une des trois grandes étapes de la vie spirituelle. Ce qui fait que l’on suit tel ou tel niveau non pas « intellectuellement », mais « selon le besoin spirituel » ! La nourriture est différente d’un niveau à l’autre, et ce serait dommageable d’avoir une nourriture trop solide quand encore les dents se forment.
Chaque niveau a un Cours de base, qui est une sorte de condensé du minimum à savoir, à savoir pratiquer, et à discerner pour se lancer dans une vie spirituelle solide. Je répète, ce n’est pas une catéchèse de base, ou une première évangélisation, c’est bien plus que ça le « premier niveau » de l’Ecole de Marie. Cela présuppose les connaissances de base de la vie chrétienne.
Avec ce Cours de base qui fait 40 heures (20 leçons de 2 heures chacune), il y a aussi des Cours complémentaires car chacune de ces 20 leçons, à elle seule mérite un Cours entier.
La Spécificité de la formation que l’on reçoit à l’Ecole c’est justement de combiner les trois fils : la science pratique, l’expérience, et le discernement. On y présente ce qu’il faut faire pour arriver à l’Union à Dieu et à la Perfection de l’Amour. Et on aide les étudiants à pratiquer et, pour ceux qui le désirent, on s’assure qu’ils savent faire !
Il est bon aussi de préciser trois tâches de longue haleine dans l’Ecole:
1- La constitution du « livre de l’étudiant » pour chacun des trois niveaux. Constituer un Corpus Doctrinal pour les générations à venir, selon les règles posée dans l’Ecole (langage moderne, dimension pratique, les schémas, …).
2- La constitution du « livre du maître » pour chacun des trois niveaux.
3- La promotion de la Recherche dans le domaine de la Théologie spirituelle (ses méthodes, …). Sans recherche il n’y a pas de futur.
Sylvain S. : Lieu d’apprentissage à la vie spirituelle ?
Jean K. : L’Ecole n’est pas un mouvement d’Eglise, on n’appartient pas à l’Ecole, c’est un lieu de formation, après quoi on revient, enrichi (j’espère), vers sa Paroisse, son propre Mouvement d’Eglise, sa vie Religieuse, Monastique, ou Sacerdotale.
Seuls ceux qui ont suivi les niveaux 1 et 2 et qui se sentent appelés à enseigner, reçoivent une seconde formation : la formation des formateurs ! Ils sont « monitorés » de très près dans leurs premiers pas et sont lentement habilités à donner le Cours de base niveau 1 !
Bien sûr, l’Ecole étant encore très petite, l’idéal serait d’arriver à avoir des personnes qui enseignent et forment aux trois niveaux. C’est Dieu qui pourvoit.
J’aimerais souligner aussi que l’Ecole n’appartient pas à une spiritualité particulière ! Elle entend donner ce qui est le Tronc commun à toutes les écoles de spiritualités, ce qui appartient à tous, ce qui appartient au paroissien lambda. C’est d’ailleurs cela qui nous manque aujourd’hui ! Il semble aujourd’hui que pour avoir une vie spirituelle il faille d’abord choisir une spiritualité particulière, une école particulière ! Le Tronc commun de vie spirituelle (une spiritualité pour tous et de tous) ne semble pas trop émerger malgré l’effort réalisé dans la construction de la quatrième partie du Catéchisme. L’Ecole entend donc offrir ce tronc commun à tous.
Sylvain S. : Une formation sur 3 ans, en 3 niveaux qui correspondent à 3 étapes de la vie spirituelle?
Jean K. : Le niveau 1, dit des « commençants » en vie spirituelle part de la Rencontre avec le Christ, dès le moment où l’on se décide à mettre notre main dans la sienne, jusqu’à ce que sainte Thérèse d’Avila appelle « l’union volonté », qui n’est pas « l’union à Dieu » mais une étape bien avant où la volonté est désormais enracinée dans celle de Dieu et une première victoire sur les sens est obtenue.
Au premier niveau on est formé à la pratique de la Lectio divina et de la Prière du cœur (ou Oraison). L’une et l’autre sont le prolongement des deux aspects de la Table du Seigneur à la Messe : recevoir la Parole que le Christ vient me donner, et puis recevoir son Corps et son Sang. L’apprentissage de ces deux manières essentielles de prier est fondamentale car elles sont les deux jambes qui nous permettent de croître, d’avancer.
Avant donc de chercher à recevoir le Cours de base niveau 2, il serait raisonnable et fructueux de pratiquer quotidiennement et généreusement (et c’est un défi, l’Ecole est toute pleine de défis) la lectio divina et la prière du cœur durant au moins 9 à 12 mois. Cela donne un premier enracinement en Dieu et Lui permet de commencer à effectuer un premier virage dans la vie spirituelle ! Si la personne est fervente, il est fort possible que déjà le besoin d’une nourriture bien plus solide se fasse sentir.
Il est évident que l’on n’intervient pas du tout dans les choix que font les personnes ! Ce sont juste des conseils de bon sens ! Après, c’est à chacun, comme adulte, équilibré, de faire ses choix. L’Ecole est ouverte à tous. Cela dit, il est évident qu’un minimum d’équilibre psychologique est requis. L’irruption de l’Esprit Saint nous met progressivement à nu.
Sylvain S. : Pourquoi école de « Marie » ?
Jean K. : Pourquoi « de Marie » ? Tout simplement parce que Marie préside à la vie spirituelle profonde. Elle est présentée par la Tradition spirituelle vivante de l’Eglise comme étant celle qui a connu et aimé le mieux le Christ. Elle nous est offerte non seulement comme exemple, comme type, mais aussi comme Mère spirituelle, comme Lieu de formation, de gestation je dirais. C’est une chose très frappante, quand on observe les saints et surtout les plus grands parmi eux, il y a une constante : ils signalent tous la Vierge Marie comme étant leur secret. Il est inconcevable donc d’entreprendre une telle aventure – celle de la sainteté – ou bien pire encore : celle de l’enseigner, d’y former, sans la Présence agissante de Marie, et je dirais même plus : sans que Marie elle-même l’ai suggéré. Ce serait pure sottise. Je serais le premier à fuir si l’Ecole n’était pas « de Marie ».
Sylvain S. : Quels sont les points forts de l’enseignement que vous délivrez ?
Jean K. : Un premier point fort est la présentation d’un projet complet. Cela signifie une topographie claire : un but à atteindre (d’abord l’Union au Christ et ensuite la Perfection de l’Amour), des étapes pour y arriver, des étapes qui sont discernables. Sans forcer ni l’être humain ni Dieu, il est possible de « monitorer » la croissance, un peu comme un pédiatre suit la croissance de l’enfant. Avoir des repères concrets, apprendre à discerner, cela est fondamental pour le Chrétien ! Il faut traiter les fidèles comme des adultes pour ce qui est de leur vie spirituelle, adultes et responsables de leur propre vie spirituelle et de sa croissance ! Mais il faut les aider à le faire, en leur offrant tout ce dont ils ont besoin pour y arriver.
Un second point fort c’est le côté pratique : expliquer le « comment faire ». Donner les moyens qui génèrent un changement réel, efficace et durable chez l’être humain, les moyens de la croissance qui mènent à la sainteté! Donc présenter une explication claire et efficace du processus quotidien de l’Ecoute de la Parole et de sa mise en pratique (la lectio divina), et aussi de l’apprentissage de la prière du cœur, comment s’immerger en Christ, comment recevoir, de manière quotidienne l’Esprit Saint pour nourrir nos racines profondes. Certes la Grâce de Dieu ne se force pas, mais n’oublions pas que Dieu a soif de Se donner ! Il y a des clefs, des secrets de la vie spirituelle, et il faut les transmettre. Voilà je dirais le premier point fort : l’explication du « comment faire », du côté pratique.
Un autre point fort a trait à la pédagogie spirituelle : l’utilisation d’exemples, de schémas et de dessins pour aider l’étudiant à « voir » la vie spirituelle qui sans cela resterait très abstraite. Il y a tout un travail que j’ai entrepris, inspiré de la théologie de l’Icône, pour former des schémas simples qui traduisent, en langage théologique, tel ou tel aspect du mystère de la rencontre avec le Christ, tel ou tel aspect de l’Action de l’Esprit Saint etc.
(Il y a encore une dizaine d’autres points forts. A suivre.)
Sylvain S. : Quels sont les étapes pour s’unir au Christ ?
Jean K. : Selon les Maîtres de la vie spirituelle il y deux grandes étapes dans notre vie chrétienne :
1- L’Union au Christ-Dieu
2- La Perfection de l’Amour (qui coïncide avec la mort).
Arriver d’abord au sommet de la montagne ou si vous préférez : l’arbre arrive à maturité, et puis redescendre, en Christ, et comme Lui, pour poursuivre sa Mission, l’arbre donne des fruits. (remarque : Certes l’Amour du prochain ne commence pas à l’Union à Dieu mais bien avant, et est même condition de croissance.) (cf. Dessins explicatifs)
La première partie de la vie spirituelle (jusqu’à l’Union au Christ) est elle-même divisée en différents niveaux de purification et en une étape de visites de « fortification » de l’Esprit Saint qui, après la purification qu’il a accomplie orne et élève l’être humain pour le préparer à l’Union au Christ-Dieu.
L’Esprit Saint nous purifie en général du dehors vers le dedans du corps vers l’esprit, en passant par l’âme (avec ses niveaux). On distingue donc :
1- la purification du sens (l’esclavage des sens)
2- la purification de l’affectivité (exemple : apprendre à aimer Dieu sans s’appuyer sur l’affectif, à aimer son prochain purement))
3- la purification de l’esprit (ou cœur, ou racines profondes de notre être, aimer Dieu purement, pour lui-même, en s’appuyant sur Lui en foi))
(Il y a aussi à faire la description du chemin de descente, après l’Union au Christ.)
Sylvain S. : Comment fonctionne l’école ?
Jean K. : L’Ecole est encore très petite. Là où on l’appelle, toujours en communion avec les Pasteurs du lieu, le Cours niveau 1 est donné. Quatre zones linguistiques sont pour l’instant couvertes : Français, Italien, Anglais et Arabe. Certains Cours sont parfois donnés via Internet (son, image, et tableau à l’appui). Actuellement par exemple je donne en direct le Cours de base niveau 1 via Internet, une leçon par semaine (deux heures), le jeudi soir.
Des enregistrements vidéo des Cours existent, et aussi des livres : deux sont sortis en Français (8 en Italien) : un sur la Lectio divina (« Lectio divina à l’école de Marie ») et un sur la Prière du cœur ou Oraison (« La Prière du cœur à l’école de Marie »).
Il y a aussi un Forum sur Internet, et bien évidement toute information est à trouver sur le site : www.amorvincit.com
Un étape importante dans la jeune école a été franchie depuis bientôt deux ans : des laïcs se forment pour enseigner à leur tour le Cours de Base niveau 1 (zone Italien et Arabe).
Sylvain S. : Qui sont les étudiants ?
Jean K. : La majorité des étudiants sont des laïcs, mais j’ai eu des religieux, des religieuses, des séminaristes et des prêtres.
Ceux qui suivent les Cours, avec régularité, reçoivent un certificat.
L’Ecole n’est pas encore affiliée à aucune Université Catholique. Mais j’espère, après mon Doctorat, entreprendre des démarches dans ce sens.
Voir aussi Interview Video avec J.-B. Sauvage sur l'Ecole de Marie