Icône de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de la Sainte Face, Docteur de l'Eglise,
réalisée par le Carmel de la Théotokos Harissa - Liban en 1997.
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Thérèse
de l'Enfant-Jésus telle "une parole de Dieu pour le monde", ainsi que
l'a définie le Pape Pie XI, nous révèle, à travers son icône, l'excellence
de son enseignement et la profondeur évangélique de sa doctrine. Doctrine qui
est un phare guidant l'humanité vers le chemin de la sainteté en le révélant
accessible à tous. Son désir d'
"éclairer les âmes comme les prophètes, comme les docteurs"[1]
continue à se réaliser et ce, de plus en plus auprès d'une multitude de
diverses classes sociales et de culture variée. "Faire aimer le Bon Dieu comme [elle] l'aime, [et] donner
[sa] petite voie aux âmes"[2]
n'était-ce pas là son plus grand souhait?
Dans
cette icône de Thérèse docteur qui se voudrait l'icône de la transparence de
son enseignement, nous voyons la sainte debout et nous reconnaissons à sa
droite :
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assis: |
le Saint Pape Léon, Saint Ambroise et Saint
Cyrille d'Alexandrie. |
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debout: |
Saint Jean de la Croix près de la sainte, Saint
Augustin, Saint Jean Damascène, Sainte Catherine de Sienne et Saint
Thomas d'Aquin. |
et à sa gauche:
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assis: |
les trois Lunes: Saint Jean Chrysostome, Saint Grégoire
le Théologien, Saint Basile le Grand. |
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debout: |
Sainte Thérèse de Jésus nous présente sa fille
avec une certaine fierté; Saint Robert Bellarmin, Saint Ephrem, Saint
Bernard et Saint Antoine de Padoue. |
Au
second plan, nous voyons, de part
et d'autre, deux édifices représentant l'église
en ses deux poumons: l'Orient et l'Occident. Tout l'événement de Thérèse se
passe dans l'église
"Une" de Jésus.
Jésus-Enfant,
"le Docteur des docteurs"[3],
se trouve dans la partie supérieure de l'icône entouré de la Théotokos et de
Saint Joseph lors du Recouvrement au Temple.
L'icône
est un miroir où l'église peut
contempler à travers des lignes et des couleurs le mystère du saint qu'elle
représente, émergeant d'un fond doré, l'or étant le symbole de Dieu qui est
Lumière, Vie et Sainteté. En Lui et par Lui, s'inscrit et se réalise toute
vocation, mission et événement dans l'église.
Très souvent l'icône a pour support un graphisme. Ici, le graphisme nous est
livré par la Petite Thérèse. Dès son enfance, elle voyait son nom inscrit
dans le ciel. "... je regardais les étoiles... il y avait surtout un
groupe de perles d'or que je remarquais avec joie trouvant qu'il avait la forme
d'un T (voici à peu près sa forme
) je le faisais voir à papa en lui
disant que mon nom était écrit dans le ciel"[4].
Le
corps de Thérèse forme le T. Elle est située dans le prolongement de la ligne
de Jésus-Docteur, la Sagesse même. Il s'agit de la ligne verticale du T qui
continue virtuellement vers l'infini. Elle est infinie dans ses deux sens où
son summum, le Christ, est reflété dans l'infini inversé, étant le tout et
remplissant tout. Elle évoque sa relation directe avec Dieu qui la tient ferme,
inébranlable. Il est son rocher. Avec sa science d'amour et sa perception de
Dieu, Thérèse le prend par le cœur. Elle a compris comment L'aimer et elle
nous livre cette "science pratico-pratique"[5].
Quant
à la ligne horizontale, elle est remarquable par son inclinaison, symbole de ce
mouvement simple et continue sous la mouvance de l'Esprit-Saint chez Thérèse:
le désir de ramener les âmes vers Dieu. Sa compassion alla jusqu'à s'asseoir
à la table des pécheurs. Le côté droit de l'axe est dirigé vers le bas: la
terre, les pécheurs et le côté gauche vers le haut: le ciel, Dieu.
De
plus, cette ligne suggère - disons plutôt suscite - le mouvement corollaire,
celui de Dieu vers l'homme. Celui qui est dans les hauteurs, n'est-il pas le Même
qui est descendu dans les antres de l'enfer ?[6]
Cet
axe nous parle aussi de l'événement universel de Thérèse. Elle rejoint
l'Orient et l'Occident, "tout le monde m'aimera"[7],
s'exclamait-elle dans ces paroles prophétiques. Les deux lignes verticales et
horizontales se croisent au centre de l'évangile
greffé sur le cœur de la Sainte jusqu'à le substituer en se l'assimilant. Le
feu embrasant l'évangile signifie
la flamme intérieure que celui-ci produit dans le cœur de Thérèse.
Thérèse
synthétise le graphisme de son icône par ces seules paroles: "
Seigneur... lorsqu'une âme s'est laissée captiver ... elle ne saurait courir
seule, toutes les âmes qu'elle aime sont entraînées à sa suite ; cela
se fait sans contrainte, sans effort, c'est une conséquence naturelle de son
attraction vers vous."[8]
Thérèse
est le centre de l'icône et son cœur, l'évangile.
De fait, il ne la quittait jamais[9].
à l'exemple de Marie, elle
gardait la "Parole de Dieu" et la méditait jour et nuit. D'un geste décidé,
Thérèse dévoile son cœur et nous montre le Christ fait Parole. Que de fois
ne nous dit-elle pas que " Garder la parole de Jésus, est
l'unique condition de notre bonheur, la preuve de notre amour pour Lui car
la parole de Jésus, c'est Lui-même..."[10].
Ce
vécu de l'intelligence et de la "garde" de la Parole se ressent, de
manière palpable, dans l'abondance des citations scripturaires que nous
relevons dans ses écrits et les divers commentaires qu'elle en fait, fruits
naturels d'une foi purifiée. Il ne semble pas osé de dire que c'est Jésus,
Lui-même, qui parle à travers l'enseignement de Thérèse, puisqu'elle reflète
la lumière de sa Parole. C'est pourquoi l'évangile
scintille sur son cœur. Thérèse est transparence dans le double mouvement de
recevoir et de donner la Parole.
La
flamme, sur l'évangile, représente
le feu qui jaillit de cette Parole et qui illumine. Elle repose sur l'évangile comme l'Esprit repose sur le Verbe. Elle montre
l'emprise vivifiante de l'Esprit sur Thérèse. Elle la consume et la transforme
en feu, surtout après son offrande à l'Amour Miséricordieux, où cette flamme
est devenue un brasier qui la brûlait[11].
Thérèse
clamait: "Dans le Cœur de l'église,
ma Mère, je serai l'Amour..."[12].
Or dans l'icône, c'est l'Amour qui trône dans son cœur et y règne
puissamment. La perspective est donc inversée. Il fallait, en effet, que Thérèse
souffrit les délices de cette union substantielle au plus intime de son âme
afin d'être tout entière transfigurée, divinisée par la seule identification
à cette singulière flamme d'Amour. Thérèse peut être, alors, l'Amour au sein de l'église
en puisant à la racine même du Cœur de Dieu. La fertilité universelle qui en
découle est alors œuvre divine jaillit de cette union personnelle. Redoutable
privilège où le cœur de Thérèse se dilate jusqu'à atteindre la dimension
de l'église, Corps Mystique du
Christ. En fait, son graphisme a une portée cosmique et tout à la fois unique.
La
loi de la nature veut que toute science soit - dès ici-bas - signe et écho
d'une science supérieure. Le parchemin a ceci de singulier qu'il s'en fait
l'aveu. Les sciences humaines se nient pour professer leur parachèvement par
une tout autre science, celle de la folie de Dieu, suprême Sagesse, la science
d'Amour. Ce fut le seul bien que Thérèse
ambitionna[13]:
"la science d'Amour, ... je ne
désire que cette science là..."[14].
Aimer Jésus et le faire aimer, Thérèse était hantée par ce désir, ayant
bien compris qu' "il n'y a que l' amour qui puisse nous rendre agréable au
Bon Dieu"[15]. Elle nous enseigne
comment y arriver, c'est la science "pratico-pratique". Lui, "le
divin Mendiant d'amour "[16],
se laisse prendre par le cœur, "se laisse enchaîner par un cheveu qui
vole sur notre cou... puisque les plus
petites actions faites par amour sont celles qui charment son cœur. "[17].
Jésus
ne demande pas de grandes actions mais seulement l'abandon et la reconnaissance.
écoutons le Maître, Lui-même
qui instruisait Thérèse "en secret des choses de son amour"[18]:
"Jésus se plaît à me montrer l'unique chemin qui conduit à cette
fournaise divine, ce chemin c'est l'abandon du petit enfant qui s'endort sans
crainte dans les bras de son Père"[19].
La finesse géniale de son intuition du cœur de Dieu s'exprime dans le geste de
tenir le parchemin qui dénote une élégante délicatesse.
Sur
l'icône les deux bras de Thérèse, l'un dirigé vers le haut, l'autre vers le
bas et qui se situent sur la ligne transversale du graphisme, symbolise, chez
elle, cet amour de la vérité et cette sincérité tranchante qui supprime
impitoyablement tout compromis et toute concession[20]. Thérèse ne contourne
aucun aspect de son être et sans jamais se dérober, s'assume totalement et
authentiquement. Le mouvement des deux bras exprime une parfaite continuité
entre l'inférieur et le supérieur, où le supérieur est surtout le mouvement
de l'inférieur qui s'élève, à savoir la parfaite image de notre humanité,
dont la grandeur se révèle particulièrement au sein de la plus désespérante
misère[21].
Elle est, dans cette perpective, la certitude de la divinisation de l'être
total. C'est de ces profondeurs que l'être humain atteint la grandeur de Dieu.
Là, l'ardeur et l'audace de la faiblesse, telle que la confesse la sainte,
trouve sa sublime expression.
L'inclination
de la tête exprime aussi cette petitesse, assumée dans l'amour, qui a creusé
en elle des espaces d'humilité qui attirent le don de Dieu: "me grandir,
c'est impossible, je dois me supporter telle que je suis[22]...
l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au ciel , ce sont vos bras, ô Jésus!...
il faut alors que je reste petite, que
je le devienne de plus en plus"[23].
Voici la "petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute
nouvelle"[24] que Thérèse a mission
de nous enseigner, disons plutôt de nous rappeler: c'est la voie de l'enfance
évangélique, "si vous ne retournez à l'état des enfants, vous
n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux"[25].
Thérèse
semble s'abaisser, se cacher, disparaître dans son néant, bien qu'il ne
s'agisse pas d'un mouvement de fuite. Sa tête est penchée avec confiance et
abandon, comme celle d'un oiseau s'abritant sous les ailes maternelles. S'arrêter
là, sans souligner l'effort que l'âme doit exercer et le courage viril avec
lequel elle doit agir, c'est méconnaître Thérèse et le message qu'elle nous
livre. Combien de fois n'a-t-elle pas mentionné "les fleurs des petits
sacrifices"[26]
qu'elle jette à Jésus. La "petite voie" de l'enfance fut, pour elle,
une vie théologale vécue dans toute son intégralité. Vie de Foi et d'Espérance
dans l'Amour. De sa jambe gauche, se dégage une certaine luminosité renforcée
par des reflets qui révèlent le Don de Force qui l'animait. Il en est de même
pour le côté mouvementé de son habit qui exprime la force et qui suggère
tout à la fois les recoins humains recelant
la fragilité profonde. La faiblesse affine alors la force, l'empêchant
de dégénérer en brutalité grossière qui n'est autre que l'orgueil.
Thérèse
offre sa faiblesse comme elle aurait offert sa force. Bien plus, elle offre sa
faiblesse comme force suprême(notons l'oxymore[27]
qu'est "téméraire abandon"[28]).
Saint Paul ne se vantait-il pas de sa faiblesse comme unique motif de gloire en
disant: "Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort?"[29].
Et quelle plus impressionnante et véridique force que cette étonnante lucidité
héroïque? Si supporter ses misères est une puissance, que serait-ce les
transfigurer? Ce qui est absolument surnaturel, c'est que ces misères demeurent
ce qu'elles sont jusque dans la splendeur de la gloire et mêlées à
l'exaltation de la victoire, ne perdent jamais leur cachet si proprement humain.
La faiblesse est donc riche de force; précédant même toute conversion
possible, elle s'avère - il est vrai virtuellement - mais en elle-même, force
supérieure. "Vous [avez] daigné me donner en partage cette Croix si précieuse,
j'espère au Ciel vous ressembler et voir briller sur mon corps glorifié les
sacrés stigmates de votre Passion"[30].
Nous
pouvons donc constater l'impact que sa
"petite doctrine"[31] a provoqué au cœur de
l'église, révolution symbolisée
par les mouvements prononcés du manteau tombant en cascades du côté droit de
l'icône. Elle a découvert le véritable visage de Dieu qui se laisse séduire
par notre confiance en Lui "quand même j'aurais sur la conscience tous les
péchés qui se peuvent commettre, j'irais, le coeur brisé de repentir, me
jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l'enfant prodigue
qui revient à Lui"[32].
La
Terre Promise est entièrement contenue dans le pèlerinage terrestre, dans le désir
qu'on en a et dans l'effort d'y accéder. Chaque pas de cette exode pascal - même
à travers périls et embûches - est promesse et anticipation du bien
à venir. Ainsi, le dynamisme de l'attitude de Thérèse montre l'énergie
de l'épouse qui court d'un pas léger et allègre vers son Bien-Aimé. Elle
nous rappelle l'épouse des Cantiques qui est totalement prise et séduite. Elle
est arrivée aux profondeurs de l'amour, cette Terre Promise. Elle désire s'y
cacher, elle est entrée dans le cellier intérieur pour y boire[33].
Elle vit plus en Celui qu'elle aime que dans le corps qui l'anime. L'inclination
de sa tête montre aussi l'attitude de l'âme énamourée qui a laissé le
Seigneur voler son cœur.
Thérèse
a parcouru les étapes de la vie spirituelle, elle a atteint la divine
transformation. Son vol ne s'arrête pas dans les joies du mariage, elle atteint
la maternité: être mère des âmes par son union à Jésus[34].
La maternité pour elle est holocauste. à
l'exemple de son époux qui ne
s'est pas arrêté au triomphe reçu à Jérusalem ni à la gloire de ses
miracles, elle veut boire avec Lui le calice jusqu'à la lie. Jésus a arrosé
de son sang divin, la Parole qu'Il a semée. L'encre qu'Il a utilisé pour s'écrire
en nous fut son Précieux Sang, Thérèse de son côté "a passé par le creuset de la souffrance... a eu en partage cette Croix si
précieuse"[35].
Elle a suivi, avec détermination, Celui qui était "sans beauté, ni éclat"[36]. L'amour suppose la
ressemblance et l'identification.
Bien
que le visage soit jeune, sur l'icône, le regard accentué par une ombre entre
les sourcils est singulièrement grave: "... malgré ma petitesse extrême
j'ose fixer le Soleil Divin"[37].
Ce face à face dans les ténèbres de la Foi pure, qui devient à la fin de sa
vie "ce sombre tunnel"[38]
l'a illuminée plus intensément que tout autre communication sensible. Le
regard de Thérèse renferme plusieurs expressions: c'est le regard de l'aveugle
qui espère et qui voit l'invisible parce que la foi lui a fait palper la réalité
de l'Amour Miséricordieux. Assise, à la table des pécheurs[39],
Thérèse fait sien leur regard: celui du condamné qui se sait racheté. Son
regard est aussi celui de l'Amour qui poursuit l'homme incroyant, l'homme désespéré,
jusque dans son enfer pour lui crier avec compassion: "ne te détruis pas,
je t'aime".
Les
éclaboussures violettes, sur l'habit de Thérèse, symbolisent cette
participation à la table des pécheurs. Elles sont à peine perceptibles pour
signifier son désir de cacher ses souffrances afin qu'elles ne paraissent pas
aux yeux des créatures et même à Dieu. Ne s'exclamait-elle pas? "ô mon
Dieu ! Mais si par impossible vous-même deviez ignorer ma souffrance, je
serais encore heureuse"[40].
Enfin,
Thérèse semble marcher et venir à la rencontre de celui qui la contemple. Tel
est son désir, manifesté à plusieurs reprises, de ne pas se reposer au ciel
tant qu'il y aura des âmes à sauver: "Je veux passer mon ciel à faire du
bien sur la terre"[41].
Scellant
l'intimité de son Cœur par l'union d'amour, le Seigneur dévoile à Thérèse
tous les mystères de sa Personne et de sa création. Secrets si souvent
pressentis mais jamais pénétrés. Quelle béatitude "de comprendre les
intimes secrets de notre époux"[42].
La miniature qui préside l'ensemble de l'icône est la scène du "Christ
dans le Temple à l'âge de douze ans". Là, nous trouvons l'Enfant-Jésus,
bien petit et cependant Il est la Sagesse même, le Dieu d'avant les siècles. Jésus,
dira Thérèse, est "le docteur des docteurs"[43]
qui "enseigne sans bruit de paroles"[44]
et elle ajoutera "Je sens qu'Il est en moi, à chaque instant, Il me guide,
m'inspire ce que je dois dire ou faire"[45].
Selon Saint Jean de la Croix, Dieu, tout en restant immuable meut et dirige:
"C'est que la Sagesse est plus active que toutes les choses actives; voilà
pourquoi nous devons dire que, dans ce mouvement, c'est l'âme qui est mue et
qui se réveille du sommeil de la vie naturelle à la vie surnaturelle"[46].
Le mystère de la miniature nous rapproche de la vision christocentrique de Thérèse.
En
Orient, l'Enfant-Jésus est toujours contemplé comme le Dieu d'avant les siècles.
Il est toujours le Même, immuable, sans commencement, sans fin, Un et Trine...
C'est pourquoi, dans l'iconographie
byzantine, les traits du visage de l'Enfant-Jésus sont toujours ceux d'un
adulte. Dans cette même vision, Thérèse conçoit son nom: "Thérèse de
l'Enfant-Jésus de la Sainte Face", nom inscrit sur l'or, symbole du Dieu
Amour. L'Enfant -Jésus et la Sainte Face sont le même Jésus contemplé dans
un seul mouvement qui embrasse son humanité fragile faite enfant, et, ses
douleurs rédemptrices dans la Face de l'Homme des douleurs. Son nom réalise le
Christ total, résumant ainsi sa vocation: l'Incarnation Rédemptrice.
Marie
, la Toute Sainte, comme dans la majorité des icônes, se trouve à côté de
son Fils Jésus . En effet, dans son économie,
Dieu a voulu qu'elle soit associée à toute l'œuvre de la Rédemption , depuis
l'Annonciation jusqu'à la Mort, la Résurrection et Ascension du Sauveur, puis
de la naissance de l'Église jusqu'au second et glorieux Avènement de Jésus-Christ.
Thérèse, consciente de la place privilégiée que Marie occupe, lui a dédié
un poème de vingt-cinq strophes "Pourquoi je t'aime, ô Marie!"[47]. Thérèse n'a jamais été
satisfaite des sermons qu'elle entendait sur la Vierge Marie. Elle disait:
"On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir
ses vertus, dire qu'elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l'évangile
où nous lisons: 'ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait' "[48].
L'épisode de la vie de Jésus, le Recouvrement au Temple[49],
représenté dans l'icône, met en évidence, selon la mariologie thérésienne,
la vie de Foi de Marie. Jésus "veut qu'elle
soit l'exemple de l'âme qui le cherche en la nuit de la Foi... et
dans l'angoisse du cœur"[50].
à
l'école de Mère de Dieu, Thérèse a appris: à bannir toutes ses craintes, à
la suivre par la voie commune, à pratiquer toutes les vertus, à aimer Jésus,
à souffrir en aimant... Son visage ne reflète-t-il pas une certaine expression
qui laisse deviner sa participation à la Passion du Sauveur? à
l'exemple de Marie, Thérèse n'a vécu que "pour faire plaisir au bon
Dieu" dans son Fiat continuel. Les vertus de Marie sont devenues celles de
Thérèse car la vie de Marie est devenue la vie de Thérèse. Nous pouvons
dire, en toute vérité, que Thérèse est devenue la petite icône de Marie.
à
côté de Jésus et de Marie, nous voyons Saint Joseph. Sa présence nous
rappelle l'amour que lui portait la petite Thérèse[51] ainsi qu'à la Sainte
Famille. Ce qui n'est pas étonnant pour une fille de la "Santa Madre"[52], c'est pourquoi, dans
l'icône, la grande Thérèse est placée du côté de Saint Joseph.
Par
sa pénétration remarquable des faits évangéliques, à travers tous ses écrits,
la petite Thérèse souligne le rôle que Dieu a assigné à Saint Joseph. Il
est le serviteur du mystère de l'Incarnation[53],
humble et caché, pauvre et obéissant, diligent et contemplatif[54].
Le Fils de Dieu lui était soumis, et bien que Jésus eut été tout oraison,
Dieu a voulu que son humanité grandisse dans une ambiance qui était, entre
Marie et Joseph, toute d'oraison.
Thérèse
a vécu dans l'ambiance d'une famille sainte. Son père et sa mère étaient
profondément chrétiens et de grande vertu. Ils veillaient avec beaucoup
d'attention sur l'éducation chrétienne et humaine de leurs enfants. Thérèse
en témoigne: "Avec une nature comme la mienne, si j'avais [été] élevée
par des Parents sans vertu... je serais devenue bien méchante et peut-être me
serais perdue... N'ayant que de bons exemples autour de moi, je voulais
naturellement les suivre"[55].
Quel modèle pour nos familles actuelles!
Dans
cette icône, nous voyons Thérèse entourée des Docteurs de l'église.
Nous remarquerons que Sainte Thérèse de Jésus et Saint Jean de la Croix
l'entourent de plus près avec une stature légèrement plus grande que les
autres. Ceci pour signifier que la Petite Thérèse, leur fille, a marché dans
leur sillage. Un lien subtil et indéfectible, tout à la fois, s'établit entre
la petite sainte et ses saints Parents, lien qui relie tout autant les deux
grands saints entre eux: Jean de la Croix recueilli en lui-même, semble
contempler en son intérieur la Petite Thérèse, tandis que Thérèse de Jésus,
la regardant, semble se reconnaître en elle.
La
Santa Madre, Thérèse de Jésus, paraît à la gauche de sa fille; elle semble
la regarder fièrement et la désigner comme un admirable exemple de sainteté
pour l'humanité entière. Nous ne pouvons manquer de relever en cet instant
suprême, l'exhortation significative concernant la Santa Madre: "efforçons-nous
d'être telles que nos prières méritent d'aider les
serviteurs de Dieu"[56].
En
effet, toute action doit tirer sa force de la prière, faute de quoi elle serait
activisme. Si le mode humain d'apostolat se manifeste par les différents ministères
au service de la Parole, le mode divin, vécu et prôné par Sainte Thérèse de
Jésus est caractéristique de la Réforme thérésienne en tant que souffle
charismatique. Thérèse fut le fidèle réceptacle de cet enseignement: la
possession de Dieu nous obtient - par ses touches ineffables - les grâces de
salut pour le monde. Nous ne pouvons omettre de citer alors Son éminence
Monsieur le Cardinal Martinez Somalo "plus votre vie appartient
exclusivement au Seigneur, plus elle est, mystérieusement mais réellement féconde"[57] et aussi cette
"existence sponsale totalement consacrée à Dieu dans la contemplation,
possède une extraordinaire efficacité apostolique et missionnaire, comme
expression du pur amour qui vaut plus que toute action". Le dynamisme ecclésiale
est donc à la mesure de l'union de l'âme au Christ, car c'est des profondeurs
du Sauveur que tout le corps mystique se trouve vivifié. Ce type essentiel
d'apostolat trouve son expression la plus singulière et la plus parfaite en la
Vierge Marie. "La dimension sponsale et la fécondité spirituelle de cette
vocation s'éclaire d'une manière particulière en Marie la Toute Sainte, modèle
de l'église"[58].
Il s'agit, en fait, d'une opération mystérieuse où la modalité divine
s'introduit: la participation à l'être même de Dieu est action par
excellence. Les désirs et les flamboiements constituent en eux-mêmes l'action
puisque l'amour est le feu de l'action. Le Carmel est l'Ordre éminemment
apostolique où la mission principale et fondamentale se mue en transmission. De
cette manière, le but de l'apostolat est directement et parfaitement atteint.
Pulsions, impulsions et effluves sortent alors du sein de Dieu et irriguent par
d'impétueux courants d'Eau Vive "enfers, cieux, et peuples, quoique ce
soit de nuit"[59].
La Petite Thérèse affirme sa profonde conviction quant à cette réalité dans
une de ses lettres: "...une carmélite qui ne serait pas apôtre s'éloignerait
du but de sa vocation et cesserait d'être fille de la séraphique Sainte Thérèse..."[60].
Thérèse
apparaît comme la fille spirituelle de Saint Jean de la Croix et l'affirme
elle-même: " Ah ! que de lumières n'ai-je pas puisées dans les
oeuvres de Notre P. St J. de la C. !... A l'âge de 17 et 18 ans je n'avais
pas d'autre nourriture spirituelle..."[61].
Son chemin d'enfance ne serait-il pas une réminiscence de cet autre sentier véridique
du rien! L'âme dépouillée de tout ce qui n'est pas Dieu et purifiée semble récupérer
sa beauté originelle, essentiellement fille de Dieu. Et si elle craint de se
"trouver accabler sous le poids de ses désirs audacieux"[62]
et recourt à son identité d'enfant afin de se justifier, elle reconnaît que
le Seigneur Lui-même ne demande que l'amour et elle y répond pleinement
puisque l' "amour ne se paie que par l'amour"[63].
Or
l'amour parfait requiert "l'égalité" où "tout est commun entre
les amants"[64].
C'est là que celle connue sous le vocable de "petite" semble une géante
et c'est là aussi où le véritable aspect de son enfance spirituel - qui ne
laisse aucune place à la mignardise ni à la mesquinerie - est révélé. En
effet, sa voie est signe d'une profonde maturité et d'une juste évaluation de
la réalité du monde et de sa propre personne. Alors le fond de l'âme tout
entière se réfère à Dieu, jusque dans ses premiers mouvements qui sont désormais
livrés à Dieu et fixés en Dieu tout n'agissant plus que par l'amour et dans
l'amour. "Maintenant, tout se réduit à aimer"[65]
est la sentence de Thérèse, son éternel leitmotiv.
à
qui mieux qu'à Thérèse Jean de la Croix peut-il adresser ces fameuses
paroles: "Heureuse vie, et heureux état! Heureuse l'âme qui y parvient! Là
tout est désormais substance d'amour".
Tous
les Pères, docteurs et saints de l'église,
soit en Orient soit en Occident, ont apporté une contribution inestimable à
l'approfondissement de la vision chrétienne de Dieu Un et Trine, par leurs prédications
et leurs réflexions théologiques. Dieu est par nature ineffable, Il s'est fait
proche de nous dans l'histoire du salut et nous a enseigné les secrets de sa
vie trinitaire. Il l'a fait en s'offrant dans le Verbe Incarné, dans l'effusion
de son Esprit-Saint et en se révélant Père, Principe de tout et Amour Miséricordieux.
Chez Thérèse comme chez ces saints, c'est dans l'oraison qu'a été puisé
cette science divine qui a rempli l'univers de l'illumination de la doctrine évangélique.
Thérèse ne nous dit-elle pas elle-même que c'est " dans l'oraison que
les St St
Paul, Augustin, Jean de la Croix, Thomas d'Aquin, François,
Dominique et tant d'autres illustres Amis de Dieu ont puisé cette science
Divine qui ravit les plus grands génies?"[66].
Pour eux, il y a une sorte de symbiose entre prier, penser et agir.
Fascinée
par l'amour de Dieu le Père, Thérèse vivait et enseignait le "total
abandon"[67],
à l'image du Fils, Jésus. Lui, Fils par nature divine et nous par adoption
nous pouvons dire "Abba!"[68].
La voie de l'Enfance-Spirituelle, n'est autre que l'épanouissement de la vie
filiale de Jésus en nous. Thérèse, par l'offrande d'elle-même à l'Amour Miséricordieux,
a reçu en plénitude les dons de l'Esprit et a été introduite dans la
communion trinitaire: "telle est l'adoption des enfants de Dieu" comme
le dit Jean de la Croix[69].
Thérèse le plus petit de tous les Docteurs, est un lien, osons-nous dire,
entre l'Orient et l'Occident, puisqu'elle a, avec son langage simple et
lumineux, mis en relief l'appel à la divinisation de l'homme par une petite
voie toute simple et tout évangélique. D'autre part, son invitation à
l'humilité ne peut que faciliter la mission de l'Esprit de Dieu qui appelle,
avec vigueur, les croyants à réaliser la pleine unité ecclésiale. Thérèse,
du fait même qu'elle laisse Jésus opérer en elle l'unité de sa personne intérieure,
dans toute sa dimension, participe à la réalisation de l'unité de l'église.
Sur
l'icône, d'après les canons de la
tradition iconographique, nous voyons chacun des docteurs selon la physionomie
qui lui est propre. Les moines portent leurs habits religieux ou monacaux. Les
traits noirs utilisés sur les vêtements désignent le plus haut degré d'ascèse
par lequel ils sont déjà morts à ce monde. Quant aux évêques, revêtus de
leurs ornements liturgiques, ils portent entre leurs mains le livre des écritures, symbole du ministère de l'évêque, responsable de la Foi de ses fidèles.
Thérèse accueille la Parole
dans le cadre d'une tradition de laquelle elle se réclame vivement et à partir
de laquelle elle nous livre sa propre voie spirituelle rattachant ainsi la tête
de l'église qu'est le Christ à l'église
tout entière, Corps mystique du Christ. L'icône surabonde d'une lumière
souvent célébrée par la liturgie byzantine: "Bienheureux Pères, vous êtes
devenus des flambeaux resplendissants de vérité..." "Comme phares
lumineux, vous avez éclairé l'église
du Christ" "Resplendissants des rayons de la divine clarté...".
Cette lumière qui émerge du centre de l'icône et qui envahit la scène, reflète
l'admiration que tous portent à celle qui un jour leur demanda de l'adopter
pour enfant: "... j'ose vous demander de m'obtenir: votre double
amour"[70]. L'émerveillement suscité
en cette assemblée est comme une reconnaissance par tous de l'apport personnel
et de l'enseignement de Thérèse. Plus encore, ils adhèrent à sa "petite
voie" et même y participent tant et si bien que leur émerveillement les
assimile à leur tour à des enfants.
En
contemplant la Petite Thérèse entourée de tous ces saints et Grands Docteurs
de l'église, nous sommes amenés
à nous poser cette question: "Comment cette petite carmélite, n'ayant reçu
aucune formation théologique, peut-elle être admise dans cette vénérable
assemblée? Ne serait-ce pas pour sa doctrine commune à l'Orient et à
l'Occident, parce que tout évangélique, jaillit du cœur d'une enfant docile
à la Parole de Dieu? à la suite
de cette décision audacieuse de l'église
qui, en Thérèse, "élève les humbles", écoutons quelques uns de
ces Docteurs qui, dans la joie de la voir admise parmi eux, justifient une telle
décision. Le Pape Saint Léon le Grand nous dit: "le Christ aime l'enfance
par laquelle Il a débuté dans son âme comme dans son corps; le Christ aime
l'enfance, maîtresse d'humilité, règle d'innocence, modèle de douceur. Le
Christ aime l'enfance, vers elle Il
oriente les hommes les plus âgés, Il y ramène les vieillards, Il la donne en
exemple à tous ceux qu'Il élève au Royaume éternel". D'autre part,
Saint Ambroise affirme: "Les petits auxquels le Père révèle les mystères
sont ceux qui ne savent pas s'exalter, ni
faire valoir par le clinquant des paroles les ressources de leur
sagesse". Et comment ne pas mentionner ces belles paroles de la
"Bouche d'Or"[71]:
"Les tout-petits sont sincères et simples... Jésus nous enseigne à fuir
les folles pensées et à poursuivre la simplicité". Pour terminer nous
rapporterons les paroles de Saint Cyrille d'Alexandrie: "le Père révèle
le Fils à ceux dont l'esprit est innocent et enfantin pour la malice... nous
devons ressembler aux enfants, en menant notre vie dans la simplicité et
l'innocence". Et que nous dit le Docteur des docteurs: "
cette icône a été achevée dans l'atelier d'iconographie
du carmel de la théotokos et de l'unité
(harissa - liban), le 17 juillet 1997,
anniversaire de cet autre
17 juillet 1897, jour où sainte thérèse de l'enfant-jésus
de la sainte face avait annoncé sa mission:
" Je sens que je vais entrer dans
le repos... Mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de
faire aimer le bon Dieu comme je l'aime, de donner ma petite voie aux âmes. Si
le bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel se passera sur la terre jusqu'à la fin
du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. Ce n'est
pas impossible, puisqu'au sein même de la vision béatifique, les Anges
veillent sur nous."
Les références des œuvres de Saintes Thérèse ont été tirées des "œuvres Complètes de Sainte Thérèse de Lisieux". éditions du Cerf/DDB, 1992.
[1] Ms B, 3 r°.
[2] CJ, 17.7.
[3] Ms A, 83 v°.
[4] Ms A, 18 r°.
[5] Jacques
Maritain, Les degrés du savoir.
[6] Ep 4: 9,10.
[7] CJ, 1.8, note 2.
[8] Ms C, 34 r°.
[9] LT 193, au P. Roulland, du 30 juillet 1896.
[10] LT 165, à Céline, du 7 juillet 1894.
[11] CJ, 7.7.2.
[12] Ms B, 3 v°.
[13] Ms B, 1 r°.
[14] Ms B, 1 r°.
[15] Ms B, 1 r°.
[16] LT 172, à Mme Guérin, du 17 novembre 1894.
[17] LT 191, à Léonie, du 12 juillet 1896.
[18] Ms A, 49 r°; Ms A, 33 v°.
[19] Ms B, 1 r°.
[20] "Oui, il me semble que je n'ai jamais cherché que la vérité" CJ, 30.9.
[21] Ms B, 3 v°.
[22] Ms C, 2 v°.
[23] Ms C, 3 r°.
[24] Ms C, 2 v°.
[25] Mt 18,3.
[26] Autres paroles de Thérèse à Mère Agnès: juillet 1897; Ms B, 4 r°; PN 34: Jeter des fleurs.
[27] Oxymore: figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoire.
[28] Ms B, 5 r°.
[29] 2 Co 12,10.
[30] Pri 6.
[31] Ms B, 1 v°.
[32] Ms C, 36 v°.
[33] Jean
de la Croix. Le Cantique Spirituel B,
strophe 26.
[34] "Notre mission de Carmélites est de former des ouvriers évangéliques qui sauveront des milliers d'âmes dont nous serons les mères" LT 135, à Céline, du 15 août 1892; " En m'unissant à toi, des âmes je suis mère" PN 24, strophe 22.
[35] Pri 6.
[36] Is. 53,2.
[37] Ms B, 4 v°.
[38] Ms C, 5 v°.
[39] Ms C, 6 r°.
[40] Ms C, 7 r°.
[41] CJ 17,7.
[42] Ms B, 1 v°.
[43] Ms A, 83 v°.
[44] Idem.
[45] Idem.
[46] Saint
Jean de la Croix. Vive Flamme, Str 4, 6 " es que la sabiduría
es más activa que todas las cosas activas. Así debemos aquí decir que el
alma en este movimiento es la movida y la recordada del sueño de vista
natural a vista sobrenatural..."
[47] PN 54.
[48] CJ 21, 8. Note 3.
[49] Lc 2, 41-52.
[50] Pn 54. Strophes 15 et 16.
[51] Ms A, 57 r°.
[52]Sainte Thérèse de Jésus, Réformatrice du Carmel.
[53] Ms A; 59 v°.
[54] PN 14.
[55] Ms A, 8 v°.
[56] Le Chemin de la Perfection. Valladolid. Chapitre 3; §2.
[57] Rappel de PC 7 et Vita Consecrata n°8.
[58] S.E m Mr le Card. Martinez Somalo. Article publié dans le bulletin "Pro Orantibus" Pâques 1997.
[59] Jean de la Croix. " que infiernos, cielos riegan y las gentes" La Fonte, Poesias 8, 6.
[60] LT 198, à l'Abbé Maurice Bellière, 21 octobre 1896.
[61] Ms A, 83 r°.
[62] Ms B, 4 r°
[63] Ms B, 4 r°.
[64] Jean de la Croix. Cantique B, strophe 28.
[65] Jean de la Croix. Cantique B, strophe 28.
[66] Ms C; 36 r°.
[67] Autres paroles à Mère Agnès de Jésus. Juillet 1897.
[68] Ga 4, 6.
[69] Jean de la Croix. Cantique B, strophe 1, 14; strophe 36, 5; strophe 39, 4 et 5.
[70] Ms B, 4 r°.
[71] Saint Jean Chrysostome.